L'atelier de moulage

L’histoire de l’atelier de moulage


Depuis plus de deux siècles, l’atelier de moulage des Musées nationaux réalise des reproductions des chefs-d’œuvre de la sculpture.

Vue du showroom de l'atelier de Moulage

Aux ateliers d’art de la Réunion des musées nationaux - Grand Palais, les moulages en présentation

 

L’atelier de moulage a été fondé en 1794 pour prolonger les missions du musée du Louvre, créé quelques mois auparavant. Car si le musée doit rendre les œuvres d’art accessibles aux citoyens, l’atelier de moulage, quant à lui, a pour vocation de diffuser des reproductions d’une grande fidélité.

Cette tradition du moulage en plâtre remonte à la Renaissance : François Ier, faute de pouvoir acquérir des antiques découverts à Rome, envoie des artistes en Italie pour réaliser des prises d’empreinte sur les originaux. Par ce geste, il ouvre la voie à la constitution de collections importantes de reproductions d’antiques en plâtre ou en bronze.

À la fin du XVIIIe siècle, l’engouement pour les reproductions d’œuvres d’art connaît un succès sans précédent : alors que les musées et les écoles de beaux-arts se multiplient en Europe, la demande se fait très forte. On souhaite fournir aux amateurs, artistes et étudiants, des modèles de qualité des grands classiques antiques et de la Renaissance, afin de transmettre le canon de l’art occidental. La création de l’atelier du musée du Louvre répond à cette volonté de mettre sur le marché des moulages fidèles aux originaux. En effet, à la même période, on trouve chez les marchands beaucoup de reproductions de médiocre qualité.

Premier atelier de moulage rattaché à un musée, l’atelier du Louvre sert de modèle à bien d’autres établissements, en France comme à l’étranger.

Très actif au XIXe siècle, l’atelier procède à des milliers de prises d’empreinte, à partir desquelles sont réalisés des moulages en plâtre, destinés en premier lieu à compléter les collections des musées et à servir de supports pédagogiques pour les cours de dessin. Des accords internationaux facilitent les échanges entre les institutions, et permettent ainsi d’enrichir considérablement la collection.

Vue de l'atelier au Trocadéro

ancien atelier de la Rmn-GP dans les sous-sols du Trocadéro



Installé dans le Palais du Louvre, l’atelier déménage, en 1927, au Palais du Trocadéro où il fusionne avec celui du Musée de Sculpture comparée (actuelle Cité de l’architecture et du patrimoine). À la même époque, l’atelier s’enrichit également des moules des collections de l’Union Centrale des Arts décoratifs, du Musée des antiquités nationales et de l’École des beaux de Paris. Les pièces vendues directement à l’atelier sont le plus souvent des reproductions de grands formats en plâtre brut. La pratique de la patine, introduite à la fin du XIXe siècle, se généralise progressivement.

Pour accompagner le développement des boutiques de musées, l’atelier réalise des tirages de sculptures de petits formats adaptés au goût du grand public. Produits souvenirs par excellence, les moulages en plâtre sont remplacés aujourd’hui par de la résine, mais sont, comme autrefois, patinés individuellement à la main et à l’identique de l’original. Ils sont commercialisés dans les librairies-boutiques de musées ou en ligne.

Vue de la boutique du musée du Louvre

Presentation de moulages et d'estampes à la boutique du musee du louvre



Depuis 1997, l’atelier de moulage des Musées nationaux est installé à Saint-Denis, en Île-de-France. Toujours actif, il emploie une dizaine d’artisans d’art qui veillent autant à la conservation d’une collection de 6 000 moules qu’à la transmission des métiers de mouleurs-statuaires et de patineurs.
Chaque année, l’atelier fabrique sur demande des centaines de moulages destinés à des particuliers, des professionnels, des artistes, des institutions et des écoles de beaux-arts en France comme à l’étranger.

Vues des ateliers de moulage et de patine de la Rmn-GP

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