Le Cabinet du Roi

Le Cabinet du Roi


Cette estampe, où figurent deux fougueux chevaux pansés par des tritons représente l’un des groupes sculptés de la Grotte d’Apollon à Versailles. Première grande commande de Louis XIV pour le parc de Versailles, cette grotte est immortalisée l’année même de son achèvement par une vingtaine d’estampes, signées de six excellents graveurs, dont Jean Lepautre, Étienne Baudet, Jean Edelinck et Étienne Picart.
 

Etienne Picart, Les chevaux d’Apollon, eau-forte et burin, 1675, Chalcographie du Louvre.

C’est ce dernier qui a gravé Les Chevaux d’Apollon. Habile aquafortiste, Étienne Picart parvient à imiter parfaitement la grande manière du burin au moyen de l’eau-forte.

Le Cabinet du Roi, une opération de magnificence

Les Chevaux d’Apollon, comme les dix-neuf autres planches qui forment la Description de la grotte de Versailles, appartiennent au Cabinet du Roi, une vaste entreprise éditoriale lancée par Louis XIV et son ministre Colbert en 1667. À partir de cette date, le pouvoir commande régulièrement des estampes figurant les châteaux, tableaux, sculptures et médailles qui appartiennent à la Couronne.

Offertes à des souverains étrangers et en réponse au service rendu, ces estampes doivent diffuser la magnificence et la puissance du Roi. Aussi d’importantes sommes sont consacrées à cette entreprise, confiée aux graveurs les plus talentueux : Claude Mellan, Gérard Edelinck, Gérard Audran, Sébastien Leclerc…

Afin de tenter de trouver un équilibre financier à cette opération, Colbert ordonne en 1727 la commercialisation des estampes, alors rassemblées en 23 volumes.

Le noyau fondateur de la Chalcographie du Louvre

Le Cabinet du Roi forme un des noyaux fondateurs de la Chalcographie du Louvre. En 1797, les 956 matrices qui composent cet ensemble sont attribuées à la toute jeune Chalcographie. L’institution en assure depuis la conservation et l’exploitation.

Outre cette planche d’Étienne Picart, le Cabinet du Roi contient certains des plus importants chefs-d’œuvre de l’estampe sous le règne de Louis XIV et notamment la célèbre Agrippine de Claude Mellan, l’interprétation de la Grande Sainte Famille de Raphaël par Gérard Edelinck ou encore Les Batailles d’Alexandre gravées par Gérard Audran d’après Charles Le Brun.