Notre collection d'estampes

Histoire des collections


La Chalcographie du Louvre est riche d’une collection de quelque 14 000 plaques gravées en taille-douce, dont les plus anciennes remontent au XVIIe siècle.

À sa fondation, en 1797, la toute nouvelle institution se voit attribuer le rôle de conserver et celui d’exploiter trois importants ensembles de matrices gravées saisies pendant la Révolution française : il s’agit de celles du Cabinet du Roi, des Menus Plaisirs et de l’Académie royale de Peinture et de Sculpture.
Le Cabinet du Roi, né de la volonté de Louis XIV et de Colbert, rassemble 956 estampes figurant les châteaux, statues et tableaux appartenant au roi. Destinées à diffuser l’image de la magnificence du pouvoir, ces planches sont l’œuvre des meilleurs graveurs du temps, tels que Claude Mellan, Gérard Audran, Gérard Edelinck.
 

Gérard Audran d’après Charles Le Brun, La bataille d’Arbelles
Burin, 1674, Chalcographie du Louvre

Gérard Audran d’après Charles Le Brun, La bataille d’Arbelles, burin, 1674, Chalcographie du Louvre


Tout au long du XIXe siècle, la Chalcographie s’enrichit de nouvelles plaques, qu’il s’agisse de matrices anciennes acquises sur le marché de l’Art (Iconographie de Van Dyck, Le siège de La Rochelle par Callot) ou de commandes (Sainte Anne d’après Léonard de Vinci, Léonidas d’après Jacques Louis David). Ce sont essentiellement des estampes d’interprétation, reproduisant les œuvres emblématiques de l’histoire de la peinture. Il s’agit d’assurer la diffusion des collections françaises.
Par cette politique de commandes, la Chalcographie soutient l’art de l’estampe traditionnelle, alors en grande difficulté, car concurrencée par les procédés photomécaniques. Des ensembles exceptionnels, comme les 900 plaques de la Description de l’Égypte, rejoignent à cette période les collections de la Chalcographie.
 

Louis-Pierre Baltard, Vue des deux colosses de Memnon, gravure de la Description de l’Égypte
Eau-forte et burin, 1809, Chalcographie du Louvre

Louis-Pierre Baltard, Vue des deux colosses de Memnon, gravure de la Description de l’Égypte, eau-forte et burin, 1809, Chalcographie du Louvre

 

Au cours du XXe siècle, des matrices des maîtres de l’art moderne entrent à leur tour à la Chalcographie : c’est ainsi que l’institution possède des plaques gravées de Raoul Dufy, de Tsugouharu Fujita, d’Hans Bellmer, de Cécile Reims ou de Jacques Villon. Ce dernier a interprété une douzaine de grands maîtres comme Matisse, Van Gogh, Cézanne ou Modigliani.
Aujourd’hui, la collection de la Chalcographie continue de s’accroître par l’achat de plaques comme celles de Dominique Vivant-Denon et de Goya, et par un ambitieux programme de commandes publiques invitant chaque année depuis 1992 des artistes contemporains à graver des créations originales.

Robert Morris, Blind Time V (Temps aveugle V)
Eau-forte, vernis mou et aquatinte, 1997, Chalcographie du Louvre

Robert Morris, Blind Time V (Temps aveugle V), eau-forte, vernis mou et aquatinte, 1997, Chalcographie du Louvre